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Moyens de prévention, dépistage, traitements : on fait le point sur le VIH.

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Source Le Mutualiste. 

 

Des progrès considérables ont été réalisés ces dernières années pour empêcher la contamination par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ou pour réduire la charge virale. Malgré cette bonne nouvelle, la vigilance de tous reste de mise. Car si l’on peut aujourd’hui mener une vie normale avec le virus grâce à un dépistage et à une prise en charge précoces, le mieux est encore d’éviter la contamination. Moyens de prévention, dépistage, traitements : on fait le point.

 

Près de 170 000 Français vivent aujourd’hui avec le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et, chaque année, environ 6 500 nouvelles personnes découvrent qu’elles ont été contaminées : le virus est bel et bien toujours là. Le VIH est un rétrovirus qui pénètre et colonise les cellules puis se multiplie avant de se diffuser dans l’organisme. Il s’attaque aux défenses immunitaires qui servent à nous protéger des maladies et ouvre ainsi la voie à d’autres pathologies. Il se transmet par contact étroit et direct avec les liquides corporels d’une personne infectée.  

Une transmission par voie sexuelle ou sanguine :

« On peut être contaminé par voir sexuelle, lors de rapports non protégés (pénétration, sexe oral) ou par voie sanguine, lors d’un accident d’exposition au sang d’une personne contaminée et non traitée (ce qui est rare) ou lorsque l’on partage du matériel lié à l’usage de drogue », explique le docteur Pauline Thill, infectiologue et membre de la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf). En revanche, et contrairement à des idées reçues encore tenaces, il n’y a aucun risque de transmission par la salive, les larmes, la sueur ou l’urine, par contact avec des objets (téléphone, barre de métro, cuvette des toilettes…) ou par piqûre de moustiques.  

Un dépistage indispensable :

Mais une fois que l’on est contaminé, un problème demeure : le VIH ne déclenche pas de symptômes spécifiques. « C’est pour cela que la primo-infection passe souvent inaperçue dans les premiers temps, confirme la spécialiste. Des signes peuvent apparaître dans les premières semaines mais ils évoquent un syndrome pseudo - grippal : fatigue, fièvre, ganglions gonflés, angine, maux de tête… » D’où l’importance de se tester après avoir rencontré une situation à risque. « Le dépistage consiste en une prise de sang, effectuée en laboratoire de biologie médicale (lire « Un test de dépistage gratuit », page 10), qui permet de détecter la présence d’anticorps anti-VIH, dès trois semaines après la contamination : c’est la sérologie du VIH, indique le docteur Thill. Si ce premier test est positif, un autre appelé Western- Blot recherchant différentes protéines du VIH, confirme le diagnostic. » D’autres types de tests sont disponibles : le test rapide d’orientation diagnostique (Trod), disponible gratuitement auprès de certaines associations et des centres gratuits  d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd), et l’autotest, accessible en pharmacie (18,50 euros en moyenne en 2022) ou auprès de certaines associations (gratuit). Tous deux permettent d’avoir un résultat en 30 minutes grâce au prélèvement d’une goutte de sang au bout du doigt ou du fluide sécrété par le tissu gingival, mais ils ne sont fiables que trois mois après la possible exposition au VIH.  

Des médicaments pour empêcher la multiplication du virus :
Un dépistage précoce permet de bénéficier d’un traitement d’autant plus efficace qu’il est commencé tôt. « Le traitement de l’infection par le VIH s’appuie sur une association de plusieurs médicaments antirétroviraux, en général trois molécules (trithérapie) », précise Pauline Thill. L’objectif est de réduire au maximum la multiplication du virus dans l’organisme pour obtenir une charge virale indétectable, c’est-àdire un nombre de virus dans le sang inférieur au seuil de détection du laboratoire. Celle-ci est généralement atteinte en 3 à 6 mois. Grâce à la baisse voire l’absence d’activité du virus, le système immunitaire peut ainsi se reconstruire et/ou être préservé. « Le traitement est prescrit, le plus souvent, sous la forme d’un comprimé qui contient les trois molécules à prendre tous les jours tout au long de la vie, sans interruption, ajoute l’infectiologue. Depuis deux ans, le traitement est aussi disponible sous forme injectable qui présente l’avantage de rester plus longtemps dans l’organisme. Il suffit de faire une injection intra musculaire tous les deux mois. » Aujourd’hui ces traitements sont mieux tolérés, même « s’ils peuvent engendrer des effets secondaires, comme tous les médicaments », constate le docteur Thill. Si un suivi médical régulier et les traitements actuels aident les patients à mener un quotidien normal, à avoir une espérance de vie semblable à celle d’une personne qui n’est pas atteinte par le VIH et à très fortement diminuer le risque de transmettre le virus, ils ne permettent pas encore de guérir. C’est pour cela que la  prévention, c’est-à-dire les moyens d’éviter la contamination, est toujours capitale.

 

Des traitements aussi préventifs :
Il existe aujourd’hui différents types de traitements préventifs. La prophylaxie pré-exposition (ou Prep), qui s’adresse aux personnes séronégatives de plus de 15 ans exposées au VIH, permet d’empêcher la contamination. « Elle se présente sous la forme d’un médicament qui associe deux molécules anti-VIH, indique l’infectiologue. Elle peut être délivrée tous les jours de manière continue ou ponctuelle en cas de risque d’exposition dans un créneau de 24 heures avant et de 48 heures après. » Le traitement post-exposition (TPE), quant à lui, peut être prescrit en cas de rapports sexuels non protégés ou d’incidents (préser vatif qui craque par exemple). « Il s’agit d’un traitement d’urgence composé d’une association d’anti rétroviraux qui doit être commencé de préférence dans les 4 heures suivant l’exposition et jusqu’à 48 heures après », détaille Pauline Thill. Pour les obtenir, il est indispensable de consulter un médecin de ville ou un médecin hospitalier pour le premier cas, ou de se rendre aux urgences dans le second. 

 

De l’importance du préservatif :
Enfin, citons également les barrières mécaniques qui demeurent des outils de protection particulièrement efficaces. Pour éviter les risques lors de relations sexuelles, le préservatif reste indispensable, qu’il soit externe (masculin) ou interne (féminin), d’autant qu’il protège aussi contre les autres infections sexuellement transmissibles (IST). Accessibles facilement (en pharmacie, au supermarché ou dans les distributeurs), ils présentent l’avantage d’être utilisables par tous quel que soit son âge, et à tout moment. C’est le cas également des digues dentaires, appelées  aussi digues buccales ou carrés de latex, qui, bien que moins connues du grand public et accessibles presque uniquement sur Internet, permettent d’éviter la transmission du VIH et des autres IST pendant le sexe oral. À chacun donc de trouver le moyen qui lui convient pour se protéger et protéger l’autre.

   

L’expression populaire « sortez couverts » reste encore et toujours d’actualité.